Le Marathon de Yannick

Rédigé par Kirsty HOOD - - 1 commentaire

 

Un ami m’a demandé de raconter ma course … je vais reprendre une partie de mon texte pour vous partager ce que j’ai vécu. Une semaine déjà … un petit blues s’est déjà installé … il va falloir rechausser les baskets et retrouver des sensations !

Comment décrire cette course ! Je comprends maintenant tous les superlatifs ... et aussi les remarques des copains qui me disaient « je suis jaloux, je t’envie ... »

Un ami m’a demandé de raconter ma course … je vais reprendre une partie de mon texte pour vous partager ce que j’ai vécu. Une semaine déjà … un petit blues s’est déjà installé … il va falloir rechausser les baskets et retrouver des sensations !

Comment décrire cette course ! Je comprends maintenant tous les superlatifs ... et aussi les remarques des copains qui me disaient « je suis jaloux, je t’envie ... »


Tout commence par le réveil ! La nuit était courte comme les autres à NY. Je n’arrivais pas à m’endormir avant minuit ou alors j’avais beaucoup de phases de réveil. Cette nuit, mon esprit était déjà dans la course avec les doutes qui s’installent ... J’étais quand même assez fatigué par les 3 jours de marche et le décalage horaire.
Je pense avec le recul que mon plan d’entrainement était un peu costaud ! Notamment du fait de passer à 5 séances et durant 3 mois. Mon pic de forme était après deux mois. Cela m’a permis de faire un très bon temps à Lyon ! Erreur ... j’ai vraiment eu du mal après ! On apprend toujours en course à pied !


Bref. réveil à 4h30, peu de sommeil et je ne parle pas du temps passé aux toilettes (vive les burgers et les frites 🍟). 
5h ... petit déjeuner avec tous les coureurs ! Il y en avait partout ! J’étais impressionné par certains qui s’empiffraient ! 
5h30 départ en bus ... des bouchons, de la circulation et pas que pour le marathon ... ville de fous ! 
6h45 , nous sommes sur le site de Staten Island.

La sécurité est renforcée. Nous sommes vraiment protégés dès la descente du bus par des camions en rangs et des tireurs d’élite sur des toits ! Nous passons un portique comme dans les aéroports ! Nous rentrons dans ce que j’ai appelé Woodstock ! Grande zone d’attente ! De grand espace avec des endroits recouverts de paille pour que nous puissions nous assoir et être isolés du froid !

Il y avait aussi des villages / espace en fonction de ton dossard : 
- de l’information via des guides
- Des stands de nourriture : eau, thé, café, baguels, gels, et donuts 🍩 !!!
- Espace Dog Thérapie !!!! Tu peux aller faire un câlin à un chien. 🐕 🤗😀
- Distribution de bonnet pour ne pas se refroidir !


L’attente s’est faite tranquillement avec même une petite sieste sur la paille ! C’est vrai que c’est quand même long. L’accès au site est fermé à 7h.
Puis arrive l’heure de rentrer dans le sas. Il y a des départs en vagues (3 plus les élites). La mienne était à 10h15. Une heure dans le sas qui passe aussi vite. Il y a encore des toilettes et nous parlons avec tous les coureurs ! 


D’un seul coup ... coup de canon ! La course va démarrer du moins pour les élites ! Musique, passage d’hélicoptères de la marine en rase-motte ! On se croirait au Vietnam ! 
Au loin, je voyais des habits qui volaient de tous les côtés ... comme les couvre-chefs 👨‍🍳 des cérémonies de remise de diplômes ! Ils récupèrent les habits chauds que nous portions presque tous pour ne pas avoir froid.


Vient enfin mon tour ! J’avais réussi à remonter presque toute ma vague et me rapprocher de la ligne de départ pour partir devant. Par contre, j’étais sur le bas du pont de Verrazano. Un de mes camarades a réussi à s’engouffrer sur le dessus ...
Musique 🎶 New York New York de Sinatra ! Énorme ! 
Départ ... c’est parti !
On commence par la montée du pont ... grrr ! 
Très vite, j’ai compris que ma course serait compliquée. Je n’arrivai pas à stabiliser mon rythme... j’ai cherché jusqu’au 7e ... puis au 10e ... je sentais que mes jambes ne me suivraient pas jusqu’au bout ! J’ai donc laissé tomber ma stratégie de course et j’ai pris du plaisir !


De la folie ! D’abord, il faut savoir qu’il n’y a pas vraiment de vague / sas en fonction de ton temps. J’ai rattrapé des coureurs de la première vague … c’était même difficile, car il fallait doubler ceux qui marchaient, les éviter ! Il faut dire que pour les Américains, courir le marathon de NY, c’est un défi et qu’importe le temps ! 
Il y avait du monde tout au long du parcours ! (sauf le quartier des juifs, ils sont contre le marathon! mais il y avait quand un peu de supporteurs) De la musique, des cris, des encouragements … de la folie !!!! Je me disais, mon dieu, je ne vais pas pouvoir encaisser cela durant 4 heures ! ils vont me prendre mon énergie ! Ils nous donnaient de la nourriture, des fruits et même souvent ils nous donnaient des mouchoirs, des feuilles d’essuietout pour s’éponger! Nous avions l’impression que chaque supporteur voulait nous aider, nous encourager ! Que dire des : « allez la France », « bonjour la France », « ça va ??? » … je passais mon temps à les remercier ! Pour me reposer, je restais par moment au milieu de la route ! 40 km d’encouragements, c’est juste énorme ! Les policiers, pompiers, eux aussi t’acclamaient ! Le Bronx, Harlem … juste énorme !
Il y avait pas mal de ponts, j’y ai laissé des plumes ! C’est aussi des lieux de calme avant la tempête (les supporteurs) qui t’attendaient au bout !


Il est difficile de se remettre d’une telle émotion ! Je me disais que je ne pourrais plus courir un autre marathon ! 


L’arrivée aux abords de Central Park était vraiment difficile. Je n’avais plus de jus, j’ai alterné quelques passages avec la marche .. Mais il y avait toujours une voix pour te dire d’y aller de force ! J’ai poussé d’autres coureurs avec des tapes dans le dos et ils étaient la aussi pour me pousser quand moi je voulais marcher ! 
La fin … une montée ... mon Dieu ! Si difficile, mais nous étions encore poussés par les encouragements ! Je n’ai pas entendu les miens crier ! Je n’ai même pas réalisé quand je les ai vus, car j’aurai été leur faire des bisous comme beaucoup de coureurs faisaient avec leur proche ! sur un nuage !!!


Puis l’arrivée … la délivrance ! Je n’ai pas ressenti les mêmes émotions que lors de mon premier marathon ou j’avais passé la ligne avec mon ami. C’était différent ! J’avais tous les encouragements qui tournaient en boucle dans ma tête ! 


Puis la sortie, on avance tranquillement, nous sommes vraiment aux petits soins … On nous met une couverture de survie, ils viennent de l’ajuster, mettre un bout de scotch pour que tu sois bien couvert . On te félicite , encore et encore. Tu reçois un sac avec un encas … tu continues à avancer ... Pour ceux qui avaient pris le poncho (sinon tu pouvais récupérer les affaires que tu pouvais laisser au départ), ils étaient encore gentils. Un bénévole te pose le poncho sur tes épaules, te l’ajuste … au top ! Enfin, une boisson chaude et tu sors avec tous les autres stroumpfs rejoindre les tiens ! 
Les gens que tu croises te félicitent sans arrêt … 
Le lendemain dans la rue, tous les coureurs avaient leurs médailles autour du cou ! Que dire encore des « congratulations. »… Ils viennent vers toi naturellement …�Je n’en reviens toujours pas … je suis encore ému et en écrivant je ressens tellement de choses … depuis hier … je ne pense qu’à le refaire !
Voilà … je pourrais en parler des heures … Yann

1 commentaire

#1  - Patlagratte a dit :

Bravo Yannick et j'espère que ton récit suscitera des envies de préparation pour un premier marathon.

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